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Un début de changement

En 1967, à l’occasion du premier centenaire du Canada, le premier ministre manitobain Duff Roblin permet, avec le Bill 59, l’enseignement en français à 50% du temps, ce qui est considéré comme étant nettement insuffisant, mais tout de même, une amélioration par rapport à ce qui existait depuis 1916.

La situation changera lorsqu’après de longues années au pouvoir des conservateurs, un nouveau parti, le Nouveau Parti démocratique du Manitoba prend le pouvoir, avec à sa tête, Ed Schreyer. Ce dernier change grandement l’attitude gouvernementale vis à vis des francophones. En effet, dans la foulée du ce centenaire du Canada qui voit, en 1968, le gouvernement fédéral adopter la Loi sur les langues officielles (le français et l’anglais), le Manitoba adopte une politique d’ouverture pour sa minorité francophone de langue officielle.

Schreyer fait construire – avec l’aide d’Ottawa – le Centre culturel franco-manitobain (Boulevard Provencher à Saint-Boniface) en reconnaissance de la position historique des Franco-Manitobains dans la province. Il met en place la nouvelle Loi scolaire # 113 qui accorde l’enseignement du français à 100% du temps, sauf pour les cours d’anglais. Toujours avec l’aide d’Ottawa, le gouvernement provincial ouvre l’Institut pédagogique qui deviendra la Faculté d’éducation (de nos jours à l’Université de Saint-Boniface,) pour permettre de former les personnes qui doivent, dorénavant, enseigner en français dans les écoles manitobaines.

La Loi 113 est tout d’abord bien accueillie par les francophones qui ont soif de légitimité pour l’éducation de leurs enfants. Cependant, cette loi contient une clause qui obligent les parents, tous les ans, à surmonter un obstacle majeur : en effet, ils doivent demander la permission aux commissions scolaires que leur enfant puisse poursuivre leur scolarité en français. La démarche les épuise, divise les communautés et crée de sérieux conflits avec les commissions scolaires qui ne sont pas toutes dirigée par des francophones. Pour sa part, le gouvernement provincial refuse d’intervenir dans ces conflits qui sont, selon lui, locaux.

De nouveau, les francophones s’organisent pour revendiquer leurs droits. Pour cela, ils s’adressent à la Société franco-manitobaine (SFM) qui, en 1968, a remplacé l’Association d’éducation des Canadiens français du Manitoba et qui a accès, contrairement à ses prédécesseurs, à des subventions pour animer la population et l’inciter à prendre ses responsabilités civiques et communautaires. C’est ainsi que certains citoyens se distinguent pour revendiquer les droits abolis, donc oubliés.