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Un peu d'histoire

La présence de la communauté francophone du Manitoba, votre nouveau lieu de résidence – permanent ou temporaire – remonte au 18e siècle, à l’époque des « voyageurs », c’est-à-dire des trappeurs de fourrures et des « coureurs de bois ». En effet, avant la fondation du Canada tel que nous le connaissons aujourd'hui, la Prairie (qui comprend le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta actuels) appartenait à la Compagnie de la baie d’Hudson (CBH). La CBH vendait aux Européens des fourrures tirées des peaux de bisons qui parcouraient la plaine en immenses troupeaux. C’est ainsi que les premiers hommes blancs – et le plus souvent francophones – les voyageurs, donc, sont arrivés dans la Prairie.

Aidés des Autochtones (aujourd'hui, appelés Indiens ou Premières nations), les employés de la CBH partaient de Montréal en immenses canots d’York, utilisaient le réseau fluvial du futur Canada pour se rendre à l’embouchure des rivières Rouge et Assiniboine, c’est-à-dire à La Fourche. Une fois arrivés, les voyageurs transigeaient avec les Autochtones pour les fourrures. La durée de leur séjour pouvait varier, mais dans l’ensemble, ces hommes habitués à la vie rude passaient souvent l’hiver dans l’Ouest, et grâce à l’hospitalité et à la compagnie des tribus autochtones, ils contractaient des mariages « à la façon du pays », ce qui a donné naissance à la nation métisse.

Un Métis est issu le plus souvent d’une femme autochtone et d’un voyageur d’origine canadienne-française du Bas-Canada (aujourd'hui le Québec) ou d’un employé de la CBH d’origine écossaise dont les enfants étaient désignés, comme étant des Half Breeds (le nom disparaitra pour laisser la place à celui de Metis, sans accent aigu). Ces enfants, parfois appelés Bois-Brulés, estiment être propriétaires, de par leur parenté, des immenses terres autour de la Fourche.

En 1812, un lord anglais, grand actionnaire de la CBH, Lord Selkirk, décide de fonder la colonie de la Rivière-Rouge, à la Fourche même. Il fait venir par bateau de l’Angleterre des Écossais qui meurent de faim dans leur pays natal, à cause de conditions climatiques désastreuses. C’est ainsi que pendant six ans, ces hommes, femmes et enfants, vont tenter de survivre dans un climat hostile et inconnu et faire naître ce qui ressemble à un village entouré de terres et de fermes à la façon européenne. Le siège de l’autorité de la CBH se trouve au fort Garry, dont les vestiges sont encore visibles, rue Main à Winnipeg, à proximité du pont Norwood.

Initialement, la cohabitation entre Métis et la CBH est parfois difficile, à tel point qu’il y a un affrontement meurtrier à la bataille de la Grenouillère (aussi connue sous le nom de Battle of Seven Oaks). C’est alors qu’un voyageur de la colonie, Jean-Baptiste Lagimodière se rend à la ville de Québec, au Bas Canada, à cheval pour y rencontrer l’archevêque et lui demande d’envoyer des prêtres catholiques à la Rivière-Rouge pour calmer les tensions sociales.

Quelques mois plus tard, en juillet 1818, le futur Mgr Norbert Provencher descend de son canot d’York, en compagnie de deux autres prêtres. C’est ainsi que Saint-Boniface voit le jour et devient la première paroisse catholique francophone dans l’Ouest canadien. Mgr Provencher donnera à la communauté catholique un Collège classique, une cathédrale et fera venir des religieuses catholiques pour qu’elles s’occupent de l’établissement de services sociaux, hospitaliers et scolaires. La colonie de la Rivière-Rouge est placée sous l’autorité du Conseil d’Assiniboia qui agit au nom de la CBH jusqu’en 1869 : c’est un gouvernement non élu mais possédant un tribunal et une force policière.