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Confederation Canadienne

Lors de la fondation de la Confédération canadienne, 50 ans plus tard, le Canada achète les immenses terres de la CBH, mais ne consulte pas les Métis de la petite colonie de la Rivière-Rouge. Les Métis refusent alors de se joindre au Canada et leur chef, le jeune Métis, Louis Riel, mène une Résistance ferme, qui lui permet de mettre en place un gouvernement provisoire. La Liste des droits qui découle des travaux de ce gouvernement demande des garanties constitutionnelles pour les quelques 12 000 résidants de la colonie. Après des négociations qui se tiennent à Ottawa, la toute nouvelle capitale canadienne, Le gouvernement fédéral accepte de répondre favorablement à ces demandes. C’est ainsi que la constitution de la province est négociée pour l’entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne.

Riel et son gouvernement obtiennent un système scolaire dit confessionnel (catholique et protestant) mais payant et volontaire, un système juridique qui reconnait que le français et l’anglais sont les deux langues officielles dans les tribunaux et à l’Assemblée législative, et 1 400 000 acres de terres pour les enfants des Métis de la colonie. Il ne peut pas obtenir l’amnistie pour la mort de Thomas Scott, un arpenteur canadien qui s’était opposé à Riel et qui a été fusillé pour cause d’insubordination. Cette absence d’amnistie va causer de sérieux ennuis au chef métis jusqu’à la fin de ses jours.

Le 12 juillet 1870, la colonie de la Rivière-Rouge devient la province du Manitoba, la 5ième du Canada. On l’appelle « la province timbre poste », à cause de sa petite taille. Cependant, elle est immédiatement ouverte à l’établissement de colons anglophones venus le plus souvent de l’Ontario ou des États-Unis qui ont droit à des terres pour s’établir sur un « homestead, un lieu de colonisation » qu’ils doivent faire fructifier. Pour leur part, les Canadiens français du Québec viennent en moins grands nombres et, très rapidement, les anglophones forment la majorité linguistique du Manitoba, ce qui met en péril les droits constitutionnels des francophones insérés dans la Loi du Manitoba (1870). L’ampleur et la rapidité de l’établissement des colons anglophone vont grandement affecter l’épanouissement de la communauté francophone et métisse du Manitoba.

De fait, très souvent, les terres réservées aux enfants métis sont surtout données aux colons venus de l’Ontario et les Métis vont, petit à petit, comprendre qu’ils ne pourront pas s’établir sur leurs terres ancestrales, parce que le gouvernement fédéral qui a pris en main la distribution de ces terres n’avance pas aussi rapidement que nécessaire. La grande majorité des Métis se rendent dans les Territoires du Nord-Ouest (TNO) voisins (qui forment de nos jours la Saskatchewan et l’Alberta), où ils vont tenter de s’installer. Malheureusement, le gouvernement canadien n’écoute pas leurs demandes d’aide à l’établissement et c’est la raison pour laquelle, ils font appel à Louis Riel, en espérant une victoire semblable à celle de 1870 au Manitoba. Ce sera l’échec.

En effet, le fondateur du Manitoba, après quelques années en exil aux États-Unis, va tout d’abord tenter la négociation avec le gouvernement fédéral, mais à l’été 1885, il se rend à l’évidence : seule une rébellion dans les TNO peut attirer l’attention du gouvernement fédéral. Riel échoue à Batoche et il doit se rendre, après avoir réclamé, en vain des terres et un gouvernement démocratique au nom des Autochtones, des Métis et des colons des TNO.

Il est jugé par les autorités fédérales et est pendu à Regina, le 16 novembre 1885. Riel est une des figures historiques les plus controversées et les plus tragiques de l’histoire canadienne et manitobaine. Ses partisans, les Métis, sont encore très présents dans la communauté francophone du Manitoba et font partie des deux groupes linguistiques principaux de la province. Leurs droits constitutionnels sont les mêmes que les droits des francophones.