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Un peu d'histoire

La présence de la communauté francophone du Manitoba, votre nouveau lieu de résidence – permanent ou temporaire – remonte au 18e siècle, à l’époque des « voyageurs », c’est-à-dire des trappeurs de fourrures et des « coureurs de bois ». En effet, avant la fondation du Canada tel que nous le connaissons aujourd'hui, la Prairie (qui comprend le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta actuels) appartenait à la Compagnie de la baie d’Hudson (CBH). La CBH vendait aux Européens des fourrures tirées des peaux de bisons qui parcouraient la plaine en immenses troupeaux. C’est ainsi que les premiers hommes blancs – et le plus souvent francophones – les voyageurs, donc, sont arrivés dans la Prairie.

Aidés des Autochtones (aujourd'hui, appelés Indiens ou Premières nations), les employés de la CBH partaient de Montréal en immenses canots d’York, utilisaient le réseau fluvial du futur Canada pour se rendre à l’embouchure des rivières Rouge et Assiniboine, c’est-à-dire à La Fourche. Une fois arrivés, les voyageurs transigeaient avec les Autochtones pour les fourrures. La durée de leur séjour pouvait varier, mais dans l’ensemble, ces hommes habitués à la vie rude passaient souvent l’hiver dans l’Ouest, et grâce à l’hospitalité et à la compagnie des tribus autochtones, ils contractaient des mariages « à la façon du pays », ce qui a donné naissance à la nation métisse.

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La Confédération canadienne

Lors de la fondation de la Confédération canadienne, 50 ans plus tard, le Canada achète les immenses terres de la CBH, mais ne consulte pas les Métis de la petite colonie de la Rivière-Rouge. Les Métis refusent alors de se joindre au Canada et leur chef, le jeune Métis, Louis Riel, mène une Résistance ferme, qui lui permet de mettre en place un gouvernement provisoire. La Liste des droits qui découle des travaux de ce gouvernement demande des garanties constitutionnelles pour les quelques 12 000 résidants de la colonie. Après des négociations qui se tiennent à Ottawa, la toute nouvelle capitale canadienne, Le gouvernement fédéral accepte de répondre favorablement à ces demandes. C’est ainsi que la constitution de la province est négociée pour l’entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne.

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Un héritage détruit…

Après les promesses non tenues dans le domaine des terres ancestrales, c’est le tour des autres protections constitutionnelles. En 1890, celles du domaine scolaire, les écoles confessionnelles, sont abolies par le gouvernement provincial du Manitoba. Les catholiques, qui se sentent les plus concernés par ces mesures, intentent trois procès pour obtenir la restauration de ces droits. Tout en obtenant gain de cause, ils ne peuvent pas récupérer leurs écoles confessionnelles, puisque le gouvernement provincial refuse d’obéir aux tribunaux. Depuis cette date, le système scolaire manitobain est public et laïc. Les quelques écoles religieuses qui demeurent de nos jours sont des écoles payantes, qui suivent le curriculum provincial.

Par ailleurs, toujours en 1890, les francophones perdent également leurs protections constitutionnelles linguistiques en vigueur depuis 1870 : le Manitoba devient une province unilingue anglaise, une province où le gouvernement provincial ne parle que l’anglais à ses citoyens. Cet unilinguisme est accentué par les politiques d’immigration massive de la part du gouvernement fédéral qui veut peupler les terres de la Prairie avec des nouveaux arrivants en provenance de l’Ukraine, de la Russie et de la Pologne, entre autres. Ces minorités savent cultiver la terre dans des conditions très difficiles.

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Un début de changement

En 1967, à l’occasion du premier centenaire du Canada, le premier ministre manitobain Duff Roblin permet, avec le Bill 59, l’enseignement en français à 50% du temps, ce qui est considéré comme étant nettement insuffisant, mais tout de même, une amélioration par rapport à ce qui existait depuis 1916.

La situation changera lorsqu’après de longues années au pouvoir des conservateurs, un nouveau parti, le Nouveau Parti démocratique du Manitoba prend le pouvoir, avec à sa tête, Ed Schreyer. Ce dernier change grandement l’attitude gouvernementale vis à vis des francophones. En effet, dans la foulée du ce centenaire du Canada qui voit, en 1968, le gouvernement fédéral adopter la Loi sur les langues officielles (le français et l’anglais), le Manitoba adopte une politique d’ouverture pour sa minorité francophone de langue officielle.

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Une province progressivement bilingue

En effet, en 1976, l’absence de bilinguisme au niveau du gouvernement provincial irrite considérablement un homme d’affaires métis de Saint-Boniface, Georges Forest, qui reçoit une contravention unilingue en anglais. Il décide de tenter de faire rétablir le bilinguisme législatif aboli en 1890 en se rendant, grâce à cette contravention, jusqu’à la Cour suprême du Canada où il gagne sa cause : le gouvernement n’avait pas le droit d’abolir les protections constitutionnelles linguistiques des francophones. Le Manitoba redevient bilingue dans les tribunaux et à l’Assemblée législative.

Cependant, la Cour suprême ne dit pas comment mettre en œuvre cette décision et si les lois manitobaines, rédigées et approuvées en anglais depuis 1890, sont illégales ou non. Et si elles le sont, est-ce que tout ce qui a été approuvé jusqu’à présent, que ce soit dans le monde des affaires ou de la société civile est légal ou non ? Un jeune avocat, Roger Bilodeau, décide de tester ces questions fondamentales pour la relation du gouvernement provincial avec ses citoyens.

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Une étape fondamentale

En 1982, le gouvernement canadien de Pierre Elliot Trudeau adopte la Charte canadienne des droits et libertés où sont inscrits les droits fondamentaux des Canadiens, des Indiens et des Métis. Pour les francophones, le gouvernement inscrit à l’article 23 le droit fondamental des parents francophones, scolarisés au Canada, d’inscrire leurs enfants dans des écoles qui enseignent uniquement en français. Au Manitoba, cet article 23 est bienvenu car il permet de ne plus avoir à demander de permission à des commissions scolaires pour obtenir des cours de français pour leurs enfants.

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